Click and collect restaurant : se lancer sans perdre d'argent
Comment lancer le click and collect dans votre restaurant sans y laisser des plumes ? Plateformes, commissions, marges : le guide terrain 2026.

📌 POINTS À RETENIR
- Le click and collect peut booster votre CA sans les commissions exorbitantes de la livraison
- Choisir la bonne plateforme est critique : certaines vous coûtent plus qu'elles ne rapportent
- L'organisation en cuisine est le vrai défi — pas la technologie
- Bien communiquer au lancement fait toute la différence sur les premières semaines
⏱️ Temps de lecture : ~6 min
Vous regardez vos concurrents encaisser des commandes à emporter pendant que votre salle tourne à 60 % le midi ? Le click and collect, c'est la promesse d'un canal de vente supplémentaire — sans livreur, sans logistique complexe, sans météo capricieuse.
Le click and collect restaurant, c'est quoi exactement ? C'est un système où le client commande et paie en ligne, puis vient chercher sa commande directement chez vous à l'heure choisie. Pas de commission de livraison, pas de sac qui tourne en scooter pendant 40 minutes.
Mais lancer ça n'importe comment, c'est aussi le meilleur moyen de se créer du travail supplémentaire sans gagner un centime de plus. Dans ce guide, on vous explique comment faire ça bien dès le départ.
Pourquoi le click and collect (et pas la livraison)
La livraison à domicile fait rêver sur le papier. Dans la réalité, les commissions d'Uber Eats et Deliveroo oscillent entre 20 et 30 % par commande. Sur un plat à 14 €, vous donnez jusqu'à 4,20 € à la plateforme — avant de payer vos matières premières, vos charges et votre personnel.
Le click and collect, lui, coupe ce coût intermédiaire presque entièrement. Le client vient chercher sa commande, vous n'avez pas à gérer le transport. Et contrairement à la livraison, la qualité du plat reste sous votre contrôle jusqu'à la dernière seconde.
Autre avantage souvent sous-estimé : le click and collect lisse les coups de feu. Vous savez à 11h30 combien de commandes arrivent à 12h15, 12h30 et 13h. C'est un confort opérationnel réel pour votre brigade.
💡 Le click and collect génère en moyenne entre 10 et 20 % de commandes supplémentaires pour les restaurants qui le lancent correctement, sans cannibaliser le service en salle.
Choisir la bonne solution technique
C'est là que beaucoup de restaurateurs se plantent. Il existe trois grandes familles de solutions :
1. Les marketplaces généralistes (Uber Eats, Deliveroo en mode click and collect) Avantage : trafic intégré. Inconvénient : commissions élevées et dépendance totale à la plateforme. Vous ne possédez pas la relation client.
2. Les outils SaaS dédiés (Sunday, Collectly, Flipdish, Obypay...) Ces solutions vous fournissent une page de commande à votre marque, avec un abonnement mensuel fixe — souvent entre 50 et 150 €/mois. Pas de commission par commande, vous gardez vos données clients. C'est le modèle le plus intéressant dès que vous faites plus de 30-40 commandes par mois.
3. Les solutions intégrées à votre caisse Si vous avez déjà une caisse connectée comme Lightspeed ou L'Addition, vérifiez d'abord si le module click and collect est inclus ou disponible. Dans notre comparatif des meilleures caisses enregistreuses pour restaurant, on détaille les fonctionnalités intégrées de chaque solution — ça peut vous économiser un abonnement supplémentaire.
⚠️ Méfiez-vous des solutions qui mixent abonnement fixe + commission variable. Lisez les CGV avant de signer quoi que ce soit.

Organiser votre cuisine sans tout casser
La technologie, c'est 20 % du problème. L'organisation, c'est les 80 % restants.
La question centrale : comment gérer les commandes click and collect sans perturber le service en salle ? Si votre cuisine reçoit une commande à emporter toutes les 5 minutes en plein rush du midi, ça va créer du stress et rallonger les temps de service pour les clients assis.
Quelques règles simples qui marchent :
- Définissez des créneaux de retrait : toutes les 15 minutes par exemple. Ça évite les pics de commandes simultanées.
- Créez un poste dédié (même si c'est juste un coin de plan de travail) pour le conditionnement des commandes à emporter.
- Formez un membre de l'équipe à la gestion des notifications et à la vérification des commandes — surtout les premières semaines.
La question du recrutement se pose aussi si votre volume monte. Notre guide sur le recrutement et la fidélisation en restaurant donne des pistes concrètes pour étoffer l'équipe sans précipitation.
💡 Commencez par proposer le click and collect uniquement le midi, 5 jours sur 7. C'est plus simple à gérer et vous permet de rodder le système avant de l'étendre.
Fixer les bons prix (sans se tirer une balle dans le pied)
Beaucoup de restaurateurs appliquent les mêmes prix en click and collect qu'en salle. C'est une erreur.
Même sans commission de livraison, le click and collect a des coûts : emballages, temps de préparation supplémentaire, abonnement logiciel. Il faut les intégrer dans votre calcul.
Commencez par connaître votre food cost sur les plats que vous comptez proposer. Si vous ne maîtrisez pas encore ce calcul, notre guide complet sur les marges en restauration explique la méthode étape par étape.
Une règle simple : si votre food cost moyen est à 30 %, ajoutez 5 à 8 % au prix de vente pour couvrir les coûts d'emballage et absorber l'abonnement plateforme. Sur un plat à 13 € en salle, ça donne 13,70 à 14 € en click and collect — une différence que la plupart des clients acceptent sans problème.
| Type de coût | Estimation par commande |
|---|---|
| Emballage (boîte + sac) | 0,40 — 0,80 € |
| Abonnement SaaS (50 €/mois / 100 commandes) | 0,50 € |
| Temps de préparation supplémentaire | variable |
| Total indicatif | 0,90 — 1,30 € |
Si vous êtes déjà en train de structurer vos charges globales, le guide complet des charges d'un restaurant à Lille donne une vue d'ensemble utile pour situer le click and collect dans votre structure de coûts.
Lancer et faire connaître votre click and collect
Vous avez la solution technique, l'organisation cuisine est prête, les prix sont calés. Reste la partie que beaucoup bâclent : le lancement.
Le click and collect ne se remplit pas tout seul. Les premières commandes, vous allez devoir aller les chercher.
Ce qui marche vraiment :
- Google Business Profile : ajoutez le lien de commande directement dans votre fiche. C'est gratuit et visible dès que quelqu'un cherche votre restaurant.
- Un QR code en caisse et en vitrine : les clients qui mangent chez vous sont les mieux placés pour commander la prochaine fois.
- Instagram et TikTok : une vidéo courte qui montre le parcours de commande ("regardez comme c'est simple") convertit beaucoup mieux qu'un post statique.
- Un email ou SMS à vos clients fidèles : si vous avez des contacts, utilisez-les. Un message simple — "on lance la commande en ligne, voici le lien" — suffit.
Pour la partie digitale, notre méthode pour remplir sa salle en 1 semaine contient des actions activables immédiatement — plusieurs s'appliquent directement au lancement d'un canal click and collect.

💡 Lancez une offre de lancement limitée dans le temps ("-10 % sur votre première commande en ligne cette semaine") pour générer les premières commandes rapidement et habituer les clients au nouveau canal.
Une dernière chose : ne négligez pas votre présence sur les plateformes d'avis. Les clients qui commandent en click and collect lisent les avis avant de passer commande. Notre guide sur les avis Google pour les restaurants explique comment en obtenir en continu — sans tricher.
FAQ — Click and collect restaurant
Le click and collect est-il rentable pour un petit restaurant ?
Oui, à condition de ne pas dépendre d'une plateforme tierce avec des commissions élevées. Avec une solution SaaS à abonnement fixe, le point de rentabilité se situe généralement autour de 30 à 40 commandes par mois. En dessous, le retour sur investissement reste limité mais le coût de structure aussi.
Quelle commission prennent les plateformes de click and collect ?
Les grandes marketplaces (Uber Eats, Deliveroo) prennent entre 20 et 30 % par commande, même en mode click and collect. Les solutions SaaS dédiées (Sunday, Collectly, Obypay...) fonctionnent plutôt sur un abonnement mensuel fixe entre 50 et 150 €, sans commission variable — c'est bien plus avantageux dès que le volume monte.
Faut-il un équipement spécial pour faire du click and collect ?
Non. Une tablette ou un smartphone suffisent pour recevoir les commandes. L'investissement principal est organisationnel : prévoir un espace de retrait identifié, définir des créneaux horaires et briefer l'équipe. Si vous avez déjà une caisse connectée, vérifiez si le module click and collect est inclus avant d'ajouter un abonnement.
Comment informer ses clients du lancement du click and collect ?
Commencez par votre fiche Google Business Profile et vos réseaux sociaux. Un QR code affiché en caisse ou en vitrine est très efficace. Si vous avez une base emails ou une liste WhatsApp, un message direct à vos clients fidèles génère souvent les premières commandes dès le jour du lancement.
Conclusion
Le click and collect, c'est l'un des rares canaux de vente où vous gardez le contrôle : pas de livreur, pas de commission qui explose, pas de client mécontent parce que sa commande est arrivée froide.
Mais ça ne se lance pas en 10 minutes entre deux services. Ça se prépare.
Les trois points à retenir :
- Choisissez la bonne solution technique dès le départ — évitez les plateformes à commission variable si votre volume peut atteindre 30+ commandes/mois
- Organisez votre cuisine avant d'ouvrir le canal — les créneaux de retrait et le poste dédié, c'est non-négociable
- Investissez dans le lancement — les premières semaines déterminent si l'habitude s'installe chez vos clients
Bien fait, le click and collect peut représenter 15 à 25 % de votre chiffre d'affaires en quelques mois. Mal fait, c'est du stress pour votre équipe et des emballages qui prennent la poussière.

Auteur
Julien Marchand
Ex-chef cuisinier, 12 ans de terrain en restauration à Lille. Consultant indépendant et fondateur de GorillaTopping.fr — il écrit des guides concrets pour les restaurateurs.
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